HtmlToText
petit guide à l’usage des parisiennes expatriées par hortense moulin et astrid thomine desmazures chemin de croix version 2012 10 mars 2012 chéri a eu l’idée exquise d’emmener les enfants à disneyland il y a quelques jours, on a enfin pu afficher ce sourire débile qu’on avait souvent vu et dire fièrement : « ce week-end on était chez mickey !! ». si vous voulez avoir une vague idée de l’enfer, allez-y, c’est frappant de ressemblance, ou du moins de la petite idée qu’on peut s’en faire. déjà le coin est à vomir, c’est quelque part dans une zone indéterminée à gauche de paris, à côté du ranch de davy crockett et pas loin du sante fe hotel (ma parole mais on est au states ou quoi ??). il suffit de suivre le panneau avec mickey en guide, tu ne sais pas que dans quelques heures tu auras envie de le liquider à coup de pomme d’amour. quand tu arrives à un péage comme celui de saint arnoult mais avec des drapeaux : la magie commence…. tu payes quinze euros. si tu trouves ça cher t’es nulle, on est pas là pour faire des économies, on est là pour voir bambi. le parking du parc fait la taille de la beauce (à peu près), un vent glacé souffle en diagonal, si tu t’y connais tu te gares à la lettre a, si t’es con tu te gares à f (ce qu’on a fait). tu penses que tu es arrivée, en fait non, tu vas te farcir des kilomètres de tapis roulants, comme à la gare montparnasse, et pour te mettre dans l’ambiance un roulement de tambour ambiance « on est tous des enfants à partir de maintenant!! » t’accompagnera jusqu’à la fin. attention ! tu auras la mélodie dans la tête pendant plus de 24 heures. c’est très difficile de s’en débarrasser. les enfants sont ravis, ils ont l’impression d’accéder au rêve suprême. après avoir marché au côté du peuple, tu arrives aux caisses, ouah ! c’est beau !!! les yeux des petits loups se remplissent de bonheur car le château en ciment rose géant de la belle au bois dormant se dresse devant toi, entouré d’arbres et de lampadaires en plastique. tu décides de tout faire. tu commences par la première attraction, tu attends 30 mn, on te dit que tu as de la chance, qu’en mai c’est 50 mn mi-ni-mum. tu montes dans une coquille, tu accèdes au monde de blanche neige, tes garçons trouvent ça tordant ils hurlent « feu sur joyeux !! » et à l’aide de mitraillettes imaginaires lui tirent dessus, brisant ainsi les rêves de cassandra, qui dans la coquille d’à côté envoie, de son jogging mauve à paillettes, des bisoux au prince charmant, tandis que sa tata la prend en photo en gueulant « tu souris à tata cassandra !! ». au bout de deux attractions, qui représentent grosso modo 6 mn de spectacle pour une heure de queue, les enfants ont faim, faut dire que ça sent la guimauve partout. tu rentres dans le monde merveilleux de peter pan et tu as le choix entre « burger/frites » ou « hotdog/frites » ou « pizza/frites », c’est la dictature des glucides. pour la première fois de ta vie, tu rêves d’une tranche de concombre. le menu est à vomir, autant prévenir : mac do à côté c’est de la haute gastronomie. en observant bien la population, tu pourras vite t’apercevoir que les trois-quart sont obèses. quand plus tard, tu feras la queue à space mountain, tu constateras que le burger à 13 euros fait péter 40 mn de file d’attente, et tu regretteras ton masque à gaz. tu dis « putain c’est insupportable cette vieille odeur de pet ! », tout le monde te regarde comme la vilaine fée venue troubler la fête, chéri te fais les gros yeux, il fait tellement froid que tu ne sens plus tes pieds, tu pourrais échanger ta cuisse droite contre un radiateur. je t’épargne la suite, jeune padawan, parce qu’elle n’a pas d’intérêt, elle parle des avenues de magasins à perte de vue qui vendent des couvertures polaires de picsou et des gobelets en plastique de princesse. de mon humeur qui s’est dégradée au fil des heures, du train de la mine qui m’a fait perdre l’usage de la parole, des poussettes pleines d’enfants hurlants et du moment divin où je me suis assise dans la voiture, qu’on a mis le chauffage et que j’ai repris la suite du marin de gibraltar. juste pour prévenir, que mon chemin de croix est fait, un peu en avance certes, mais il compte double (parce qu’on y retourné le lendemain : on avait pris le pass pour deux jours, mais cette fois on s’est garé à la lettre a). posté dans non classé | 22 commentaires » du riz, des algues et du nutella 4 février 2012 depuis que mon mari tient un restaurant, je me suis prise d’une affection particulière pour les clientes d’une certaine envergure. parce que tout leur fait plaisir, parce qu’elles sont contentes d’être là, parce qu’elles sont dans leur élément et parce que tout cela fait d’elles des clientes agréables. car rien n’est plus pénible à voir qu’une maigre qui chipote, qui fait la tronche, qui demande du thé, de l’eau, du thé, de la soupe, et un café (et les toilettes of course, parce qu’elle aime éliminer, c’est un peu son but de la journée). la cliente qui a de l’embonpoint prend son temps, salive devant la carte, sourit quand on lui apporte les plats, fait des commentaires plaisants « ouh ouh ouh !!! je sens que je vais me régaler !! », bref elle est de bon poil et on aurait presque envie de lui chuchoter qu’ici les groses sont les reines, mais ça ne se fait pas. pendant ce temps, la maigre boit du liquide chaud (la maigre est chiante elle a le museau tout le temps froid) et précise qu’elle ne veut pas de sauce sucrée, parce que si un jour elle pète dans son 36, on sent qu’elle reviendra tous nous achever à coup de balance electronique. devant son assiette, la maigre s’interroge et tourne le problème calorique dans tous les sens, se demandant sur quels aliments il faut qu’elle mise et ceux dont il faut qu’elle se sépare à tout prix. quelques tables plus loin, confortablement calée sur une banquette, la ronde en redemande, dit qu’elle a trouvé ça succulent, qu’elle vient de loin et qu’elle goûterait bien ce qu’on lui montre à la page 12 du menu. la maigre a déjà levé le doigt pour avoir un café et l’addition, elle a laissé son bol de riz parce que « ça faisait un petit peu trop », on s’excuse, et puis de rien de la part des somaliens, et de rien de ma part aussi qui ait, ce matin avec l’équipe, porté à bout de bras une tonne de riz en paquet de 20 kg, du trottoir jusqu’à la cuisine. quand la maigre quitte les lieux avec un petit rototo algues/thévert, la ronde attaque les desserts avec grâce. elle profite de ce moment de paix, pendant lequel personne ne lui chuchottera « ttttttt, jess… le moelleux chocolat caramel beurre salé c’est moyen moyen pour le deux pièces… ». elle est contente, elle nous fait plaisir, on sent que ce serait une copine terrible de carambars. bref, j’aime mieux les grosses. posté dans non classé | 15 commentaires » maman monte dans la grande roue 10 décembre 2011 comme elle était belle cette grande roue !! comme celle de la concorde !! majestueuse, aguicheuse dans le froid, lumineuse dans la nuit, pleine de promesses, surplombant la loire et ses trésors ligériens. elle se dressait devant nous avec son petit côté authentique, sa petite musique de noël, je l’ai trouvée poétique et j’ai soudain eu l’envie irresistible de monter dedans. alors dans un élan de folie j’ai dit « et si on y allait ? ». les enfants étaient ravis de cette proposition qui bouclait joyeusement la journée. seul le dernier a émis une réserve : mais toi, maman tu vas pas avoir peur ? moi chéri ?? mais tu rigoles ! tu ne sais pas que maman est une grande grande aventurière !! le second a rappelé que j’avais hurlé dans le dragon du jardin d’acclimation, j’ai répondu que j’avais fait space mountain de long en large et en travers et aussi qui c’est qui court le semi-marathon, c’est le pape ? alors on a pris des billets et on a fait la queue. dix secondes en fait parce qu’on était les seuls. on s’est installé, mais j’avais déjà deux problèmes : je trouvais que la cordelette qui fermait la nacelle était ridicule et deuzio je n’avais personne à qui me cramp